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Chers lecteurs, dans la chronique d’aujourd’hui nous aurons l’immense joie d’évoquer un jeune homme dont les yeux émeraude ont fait basculer les plus belles créatures des enfers, Harry Potter, fils de deux aurors. James et Lily Potter, tous les deux héros de guerre, sont froidement assassinés devant les yeux innocents de leur fils alors âgé de quelques mois. Des yeux verts émeraude qui, en cette nuit d’Halloween, ont perdu leur innocence pour se confondre avec la couleur de l’Avada Kedavra pour le renvoyer sur son lanceur. Mais qui a donc bien pu vouloir tuer ce jeune enfant ? Et quelles sont les conséquences d’un tel acte ignoble ? C’est ce que nous allons élucider ici.

Commençons par présenter notre tueur de bébés national, j’ai nommé Lord Voldemort. Voldy, pour ses intimes et ses opposants, est né de la plume de JK Rowling un froid soir de décembre dans une famille modeste et fracturée. En effet, sa mère qui est la dernière descendante de l’un des plus célèbres sorciers de tous les temps, Salazar Serpentard, meurt en lui donnant naissance tandis que son père n’est qu’un moldu insignifiant et violent. Tom Jedusor - nom de naissance de Voldemort - grandit seul, isolé de tous dans un orphelinat où il est rejeté du fait de son anormalité. Une anormalité qui effrayait car inconnue dans un monde sans magie. Ce chétif enfant harcelé deviendra, in fine, l’un des sorciers les plus puissants et craints de son temps. En quelques années, cet enfant innocent est devenu un adolescent clivé, perdu entre la vengeance et l’ambition puis l’un des hommes les plus sadiques que le monde sorcier ait connu.

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Voldemort commence son ascension au pouvoir dans les années 60 en initiant sa quête, contre nature, d’immortalité.  Le jeune homme charismatique, alors employé d’un magasin de potions, met son charme à profit pour dérober divers objets magiques qui lui serviront de réceptacles pour son âme. Je peux imaginer sans peine vos mines horrifiées devant cet acte défiant les lois de la nature qui transforme intrinsèquement un rhéteur de génie en une créature froide et serpentine aux yeux rougis par la violence de ses crimes. Un crime dont l’horreur est difficile à imaginer. Tom Jedusor, bien qu’exceptionnel, s’est défait de toute humanité en mutilant son âme bien au-delà des limites de la plus noire des magies et en a subi les conséquences. En se laissant subjuguer par la beauté dangereuse et puissante de la magie noire, ce bel homme dont la beauté n’avait rien à envier à

Narcisse et dont l’éloquence frisait les talents d’Apollon, s'est transformé, en quelques années, en un monstre à peine humanoïde dont la laideur de la peau écailleuse et fissurée n'a eu d'égale que sa libido dominandi, pour reprendre les termes de Saint-Augustin. Le « Seigneur des ténèbres » fait preuve d’une hybris à en faire pâlir plusieurs divinités que nous nous abstiendrons de citer ici car Hermès a des oreilles partout. Doté d’une soif de pouvoir intarissable, notre objet d’étude veut créer une race de Sang-Purs qui serait à son image, enfin à celle de ses idéaux. Cette race supérieure régnerait sur un monde où tous les êtres jugés impurs seraient exploités ou exterminés selon la bonhommie de notre serpent fou. Rappelons tout de même à Arès que perpétuer un génocide comme désire le faire Voldemort est immoral et non pas "cool". Cette phase bestiale, qui regorge de crimes tous plus condamnables les uns que les autres, prend donc une pause lorsque le petit Harry réussit l’impossible en « tuant » Voldemort.

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Cependant, onze années après sa supposée disparition, Voldemort fait son grand come-back en essayant de tuer Harry qui commence alors sa scolarité à Poudlard. En effet, après une longue errance Voldemort rencontre Quirinus Quirrell en Albanie. Quoi de plus ironique que de se rendre dans un pays dont le nom fait l’éloge d’une pureté absolue lorsqu’on est un être qui côtoie les plus noirs aspects de la magie ? « Albanie » dérive du latin « alba » qui signifie « blanc ». Un nom qui qualifie alors parfaitement Albus Dumbledore faisant ainsi de lui le symbole de la pureté lumineuse en opposition à son double maléfique, Voldemort. Il n’en demeure pas moins une interrogation sur les raisons de ce voyage qui semble se rapprocher plus de la quête de libération personnelle que du tourisme classique. Ce pays de la pureté, que l’on peut ici associer à la liberté, est le lieu dans lequel Voldemort sous la forme d’un esprit dans le cadre d’une certaine rédemption qui n'est pas sans rappeler les écrits de Platon. En effet, cette forme immatérielle est une certaine forme de libération car l’esprit est libéré du σωμα qui représenterait une prison pour notre génie maléfique sous plusieurs aspects. Dans l’expression de son pouvoir, chose importante pour un homme qui le recherche au prix de son humanité, car le corps a des limites physiques qui ne peuvent être dépassées. C'est pour cela que cette libération qui l'éloigne de la condition humaine est primordiale dans sa quête d’immortalité car un corps ne traverse pas les années sans dégâts notables. Cette forme spirituelle associée à la mort apparaît alors comme une libération pour Voldemort car celui-ci peut se débarrasser à la fois de ses contraintes physiques mais aussi, peut-être, avoir l’espoir d’une vie moins corrompue et d’un retour à l’humanité. Cependant, en se réincarnant en monstre sanguinaire lors du tournoi des trois sorciers, ce dernier renonce à la liberté et se replonge dans ses anciens démons. Il se replonge dans sa relation passionnée avec la Lyssa qui n'a au final jamais cessé de l'accompagner. Cette folie destructice pourrait trouver son incarnation humaine en Bellatrix Lestrange, mangemorte qui se distingue par la folie violente et meurtrière qui l'habite. Fidèle en toutes circonstances à Voldemort, elle le suit même lorsque leurs folies conjuguées atteignent le paroxysme de l'imaginable. En effet, à l'image de certaines victimes de Lyssa, Voldemort se retourne parfois contre ses propres mangemorts qu'il torture aux côtés de sa compagne de jeu.

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C'est alors qu'apparaît un dernier lien entre Voldemort et l'Antiquité grecque, deux sujets qui ne semblent jamais pouvoir se tarir : la valse funeste entre l'Ερος et l'Ερις qui s'entremêlent pour mieux se séparer à chaque pas. Si on y réfléchit bien, c'est l'Eros,force de cohésion, qui combat l'Eris,force de discorde, à travers le jeune Harry Potter que cela soit lorsqu'il n'était encore qu'un bambin mais aussi à sa majorité, lorsqu'il se sacrifie pour l'amour d'un futur qu'il offrirait à son monde. Mais c'est aussi l'Eris qui permet cette apogée d'Eros car Hermione, qui aide Harry pendant plus de sept ans et lui permet même d'espérer gagner contre son ennemi juré, se lie d'amitié avec Harry et Ron à la suite d'une âpre dispute. Le trio d'or se forme donc sur une ombre. Cela peut-être mis en parallèle avec la secte mangemorte créée par Voldemort sur l'Eros de se rassembler pour façonner un nouveau monde assez utopique, plus beau et plus juste. L'incarnation finale d'Eris est alors Voldemort qui a rassemblé des centaines de personnes autour de lui en rêvant une utopie dystopique. Cette dernière comparaison appelle alors une dé-binarisation du réel qui ne peut être vu comme l'Eris sombre et sanguinaire ou comme l'Eros vertueux, tout est composé de nuances et le personnage de Dumbledore en est l'incarnation, oeuvrant pour le "plus grand bien" avec parfois des méthodes moralement discutables…

Crédits imgs Antoine Adonaï

Article signé : hipparchia


Publié le 16/05/2022 © Esprits Auth'Antiques

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